6- Une bonne croissance

Après la semence, bon nombre de personnes se reposent sur leurs lauriers à attendre simplement que poussent les plants ou les semences. Ces derniers croient, une fois les semences mises en terre, que le gros du travail est terminé et qu'il n'y a plus rien à faire. Aussi tentant qu'il soit de se reposer et de regarder les fruits fleurir, vous ne devez pas oublier qu'il y a toujours du travail à faire si vous voulez que vos légumes bio poussent comme il faut.La première chose à garder en tête est d'arroser votre jardin tous les jours. Si vous avez une famille, l’arrosage pourrait être une tâche à se partager : enfants, mari et femme peuvent le faire à tour de rôle. Pendant le printemps et au début de l'été, pour un grand nombre de personnes, arroser le jardin est un prétexte pour sortir et profiter du beau temps. Durant les jours pluvieux, vous n'aurez pas à vous soucier de l'arrosage de votre potager, toutefois assurez-vous que cette routine ne provoque pas un oubli de votre part une fois que cesse la période de pluie.L'arrosage d’un jardin doit se faire très tôt le matin. Avant 10 h si possible. Si vous attendez plus tard pour l'arroser, le soleil de midi provoquera l’évaporation de l'eau avant que celle-ci n'atteigne les racines de vos jeunes plantes. Lorsque vous arrosez vos plantes, vérifiez que le paillis n’est pas trop serré pas sinon l'eau ne pourra atteindre les semences.  Du paillis entremêlé et trop lié peut absorber ou évacuer l'eau que vous donnez à vos plantes. Évitez absolument de trop arroser, conserver une terre humide ne veut pas dire inondée ! Cela se produit souvent chez les jardiniers insouciants, particulièrement si plusieurs personnes s’occupent du même potager. Pour éviter ceci, communiquez et assurez-vous que personne n'ait déjà arrosé le jardin avant que vous ne sortiez le faire. De même, en inspectant le potager, vous verrez si le sol n'est pas trop humide ou trop mouillé, ce qui pourrait être une indication d'un arrosage récent.Trop d’arrosage pourrait noyer les plantes et cela s’avère aussi néfaste qu’un arrosage insuffisant. Après une grosse pluie, il est souvent préférable d’attendre un jour ou deux avant de reprendre les arrosages. Après une pluie torrentielle, n'arrosez surtout pas le potager s'il est encore saturé d'eau de pluie.Votre priorité sera un arrosage régulier. Si vous partagez les tâches d'arrosage avec d'autres personnes, créez un emploi du temps pour savoir à quel moment a lieu l’arrosage et si possible contrôlez la quantité d'eau utilisée.  En effet, un arrosage régulier et quotidien de vos plantes, au même moment de la journée et avec la même quantité d'eau, fera des merveilles.Le désherbage est une autre tâche importante du jardinage biologique que bon nombre de jardiniers débutants ignorent. Les mauvaises herbes envahiront rapidement le potager, tuant les légumes et vous laissant avec un potager rempli d'herbes. Chaque jour, inspectez votre jardin pour voir s'il y a des mauvaises herbes et débarrassez-vous-en aussitôt. Comme vous cultivez un potager organique, vous n’utiliserez ni ne pulvériserez de produits chimiques contre les mauvaises herbes. Au lieu de ceux-ci, vous devez compter sur les bonnes vieilles méthodes de désherbage : le binage et l'arrachage des herbes à la main. Si chaque jour, votre potager est minutieusement inspecté, il est possible d'arracher les mauvaises herbes rapidement et efficacement avant qu'elles ne soient trop envahissantes. Le désherbage est également une tâche que l'on peut partager en famille, en particulier avec les enfants. En grandissant, nombreux sont nos grands-parents qui ont passé des heures dans le jardin à désherber en guise de punition pour une quelconque bêtise.
Vous devez impérativement surveiller les insectes lorsque vous cultivez un jardin organique. Certains insectes et "parasites" sont utiles pour aider les plantes à pousser, mais s’ils sont trop nombreux ils mangeront vos légumes avant même que votre famille n'ait la chance d'en récolter un seul. Le paillis et les journaux aideront à réduire le nombre d'insectes, de limaces et autres bestioles qui font partie de n'importe quel jardin, mais souvent, les insectes persistent. Voici quelques insectes que tout jardinier bio doit surveiller de près, il existe aussi des méthodes pour s’en débarrasser.
La Pyrale du maïs :
On peut se débarrasser de ces insectes une bonne fois pour toutes en travaillant le sol durant le printemps et l'automne afin d'exposer leurs chrysalides. Les exposer causera leur destruction par le vent et la pluie ou d'autres prédateurs. Si vous apercevez des chenilles, aspergez-les à l’aide d’une solution savonneuse et d’un insecticide fait maison.
Les vers gris :
Une méthode facile pour se débarrasser de ces insectes nuisibles consiste à répandre du son de blé et des molasses une semaine avant de planter de nouvelles plantes. Les vers de gris n’apprécient que peu l’humidité, vous devriez pouvoir protéger votre potager en maintenant la terre humide. Sinon, vous (ou vos enfants) pouvez ramasser et enlever les chenilles tous les soirs au moment où le soleil se couche. La nuit est souvent le meilleur moment pour les attraper et les enlever. Vous pouvez également protéger vos plants avec une simple bouteille coupée.
Les piérides du chou : Si vous apercevez ces vers lorsque les chenilles sont encore petites, vous pouvez asperger un insecticide fait maison ou une solution savonneuse. On peut aussi les enlever à la main une fois qu’elles ont grandi. Encore une tache pour vos enfants qui, en général, adorent jouer avec les insectes et les chenilles.
Les sphinx de la tomate :
Aspergez du pesticide fait maison sur les chenilles lorsqu'elles sont encore jeunes, et vous serez en mesure d'éliminer toutes les chrysalides restantes si vous labourez la terre durant l’automne. S'il n'y en a que quelques-uns, on peut les enlever avec les mains. Mais, le sphinx ne s’attaque normalement qu’au feuillage de la tomate.
Les limaces et les escargots :
Ces deux insectes sont les bêtes noires de la plupart des jardins bio. Beaucoup de jardiniers investissent énormément dans les plates-bandes dans l'espoir de les éviter une bonne fois pour toutes, pourtant il existe des méthodes moins coûteuses et efficaces pour éviter les limaces et les escargots. Une première méthode consiste à ajouter des bandes ou du fil de cuivre sur le pourtour de votre potager ou autour de vos pots. Le marc de café déposé au pied de vos plantes semble aussi être très efficace. Le fait de cultiver des trèfles attirera des prédateurs naturels qui attaqueront par la suite les limaces et les escargots.  En dernier lieu, vous pouvez placer des petits pots de bière enterrés au ras du sol dans votre potager pour les piéger. Débarrassez-vous quotidiennement de toutes les limaces et de tous les escargots piégés de cette façon.
Les pucerons : On peut généralement repousser ces insectes avec une solution savonneuse ou même avec de l'eau plate. Si vos plantes sont considérablement infestées à certains endroits, cisaillez les feuilles et taillez les parties affectées, puis débarrassez-vous de celles-ci rapidement.
Les altises : Des nématodes bénéfiques peuvent être ajoutés au sol pour éliminer ces insectes et d’autres insectes semblables. Des couvertures brutes peuvent être également utilisées pour couvrir et protéger les plantes quand c'est possible. La bonne méthode pour vous en débarrasser une bonne fois pour toutes est d'attendre la fin du printemps pour planter vos légumes, une fois que la grande population des altises aura quitté votre potager ou bien lorsqu’elle aura été attirée par d'autres jardins existant dans les alentours.
Les chrysomèles du concombre :
Des nématodes aideront à éliminer aussi bien ces insectes que les altises. Une fois adultes, vous pouvez les enlever ou les asperger avec un insecticide maison. Dès que vous avez récolté vos plantes, prenez soin de bien nettoyer la surface de votre jardin pour éviter une nouvelle attaque lors de la prochaine saison de pousse.
Les punaises de la courge :
Ces punaises se cachent habituellement en dessous des feuilles, de ce fait inspectez soigneusement votre potager pour dénicher ces insectes. Quand vous les voyez, vous pouvez les retirer à la main. Si vous n’arrivez pas à toutes les enlever, il vous faudra alors asperger les plantes avec du pesticide maison.Si votre potager organique est complètement envahi par ces insectes, il existe certaines choses que vous pouvez faire pour vous en débarrasser. L'une d'elles est de fabriquer votre propre pesticide bio. Vous pouvez le faire en prenant deux cuillerées à café de savon liquide vaisselle mélangées avec une tasse d'huile végétale. Diluez deux cuillerées à café de ce mélange avec de l'eau dans un pulvérisateur puis aspergez les surfaces les plus affectées avec cette solution.  Si la pulvérisation n'est pas suffisante, pensez à planter des insecticides végétaux naturels autour de votre potager et de vos légumes s'ils ne sont pas encore infestés. On peut aussi ajouter des plantes répulsives entre les rangées de légumes s'il y a suffisamment d'espace et elles peuvent se montrer plus efficaces que la pulvérisation. L'oignon et l'ail sont deux légumes parfaits pour repousser les insectes. Certaines herbes, comme le basilic, peuvent également aider. Ces plantes se trouvent en petits pots et peuvent être transplantées dans votre jardin pour une protection immédiate.Il y a d’autres facteurs à considérer outre les insectes. De nombreux champignons et maladies de plantes peuvent détruire un potager sain avant qu'il n'ait la chance de prospérer. Lorsque vous recherchez des maladies sur vos plantes, portez une attention particulière aux choses inexpliquées comme le flétrissement, la formation de moisissure, le blanchissement, la formation de rouille et toutes autres taches.Il est bien plus facile de prévenir ces maladies que de les traiter. Pour les éviter, il est important de prendre soin de votre potager. Optez chaque année pour un système de rotation des cultures et gardez l’endroit destiné à la culture toujours propre entre deux saisons de pousse. Lorsque vous cultivez vos légumes, assurez-vous toujours qu'ils sont bien arrosés et fertilisés, car ceci permettra de les maintenir en bonne santé. Ci-dessous se trouve une liste de maladies les plus courantes, elle vous aidera à diagnostiquer ces affections et à les traiter efficacement et de manière biologique.
Les taches bactériennes :
Cette maladie des plantes est quelque chose de courant et de nombreux jardiniers débutants sauront la reconnaître immédiatement. Les feuilles infectées par cette maladie présenteront de petites taches noires ou blanches et elles seront saturées d'eau. Les taches finiront par sécher, se fissurer et laisseront des trous dans les feuilles infectées qui souvent finissent par mourir et par tomber prématurément.Cette maladie est fréquente chez les tomates, les poivrons et les légumes de la même famille du chou. Souvent, les symptômes apparaissent par temps humide et peuvent être contrôlés en enlevant immédiatement les feuilles infectées. Il se peut que ce soit difficile d'agir au même rythme que la maladie par temps humide, mais c'est faisable.
Le mildiou :
Cette maladie affecte le plus souvent les pieds de tomate et de pomme de terre vers la fin de la saison de pousse. La maladie apparaît en forme de taches humides, grisâtres ou verdâtres sur les feuilles et se développe en une formation de champignons blancs sur les revers des feuilles. La façon d'éviter cette maladie est d'arroser vos plantes très tôt le matin, pour qu'elles aient le temps de sécher complètement durant la journée, ce qui empêchera la formation de champignons. Enlevez toutes feuilles affectées dès le départ et jetez tout plant trop attaqué, ne l’ajoutez pas au compost, car cela pourrait l’infecter, mais brûlez plutôt toutes les parties malades.Vous pouvez également couvrir vos tomates, l’air doit pouvoir circuler, il s’agit essentiellement d’éviter tout contact de la plante avec l’eau de pluie afin de maitriser l’humidité de la plante de sorte que le champignon ne puisse pas se développer. Le fil de cuivre planté au pied aurait lui aussi de très bons résultats. (Source image : http://www.princejardinier.fr – Comment lutter contre le mildiou.)
La rouille commune :
La rouille affectera plusieurs légumes, il faut donc bien surveiller son apparition. Les légumes suivants sont couramment affectés par la rouille :
L'asperge
Le haricot
Le maïs
L'oignon
Le premier symptôme de la rouille commune est une tache marron-rougeâtre à l'apparence de poudre. Ces taches apparaîtront généralement sur les feuilles des légumes affectés et s'effacent lorsqu'on les touche. Enlever les feuilles atteintes à la main aidera à réduire la propagation de l'infection. Les plantes sérieusement infectées doivent être complètement déracinées et détruites (ne mettez jamais de plantes ou de feuilles malades dans votre compost). Il existe des méthodes pour prévenir complètement de la rouille commune. L'une d'elles est de s'assurer que toutes les plantes sont bien aérées. Évitez de planter vos semences collées les unes aux autres, car ceci engendra des conditions d'entassement. De même, désherbez aussi souvent que possible votre potager et cisaillez les plantes pour bien les aérer.
L'anthracnose :
Cette maladie apparaît par temps chaud et humide et affecte les tiges, les feuilles et les fruits des plantes. Le concombre, la tomate, le melon et le haricot sont les légumes les plus fréquemment touchés par cette maladie.Elle débute par des petites taches apparaissant sur différentes parties du légume atteint. Plus tard, des spores roses commenceront à apparaître au milieu des taches. De l'eau, mélangée avec un peu de jus de citron, pulvérisée sur les bourgeons permettra de réduire les risques d'apparition et de propagation de la maladie. Toute plante gravement touchée doit être impérativement déracinée et détruite.
Le virus de la mosaïque :
Cette maladie est fortement virale et peut infecter un jardin tout entier si l’on manque de prudence. Il n'y a pas de traitement pour combattre ce virus, mais il existe des plantes et des semences en vente qui ont suivi un traitement (souvent à l’eau chaude) afin de résister. On peut identifier la maladie par un arrêt de croissance chez les plantes infectées et leurs feuilles commenceront à se friser sans aucune raison. Il n’y a pas grand-chose à faire, mais il faut absolument détruire les plantes touchées et éviter que les pucerons ne s’installent en paillant le sol avec des matières réfléchissantes comme l’aluminium ou le plastique.
L'oïdium : Cette maladie apparaîtra sur les feuilles, les tiges et les fleurs des légumes de votre potager. Il apparaît sous forme de mildiou d'aspect farineux qui enveloppe les zones infectées avec une surface blanche ou grise. Les méthodes pour éviter l'oïdium consistent à cisailler les plantes pour permettre la circulation de l'air et à enlever toutes les feuilles qui sont tombées aux pieds des plantes. Disposer du paillis en permanence autour des plantes peut également vous aider contre cette maladie. Le soufre que l’on peut trouver sous forme de poudre à mouiller peut être utilisé en pulvérisation pour traiter cette maladie et l'empêcher de se propager. Une autre méthode consiste à mélanger 1/10 de lait (écrémé ou demi-écrémé) avec 9/10 d’eau et de pulvériser les plantes par temps sec une fois par semaine.
La hernie du chou :
Une maladie qui infecte le chou, le chou-fleur et le brocoli, la hernie est un champignon qui vit dans le sol. Les plantes touchées par cette maladie auront des racines gonflées et se flétriront en plein soleil. Il n’y a pas grand-chose à faire. Arrachez les plantes affectées et détruisez-les. Il est recommandé d’attendre quelques années avant de replanter le légume atteint. Organisez une bonne rotation de cultures et aérez suffisamment vos plantes.Une fois que vous vous êtes débarrassé des herbes et des insectes et que vous avez évité les manques d'eau ainsi que les maladies, vous devez toujours veiller à ce que vos légumes reçoivent suffisamment de nutriments. Ces nutriments proviennent de la terre enrichie de compost. N'ayez pas peur d'épandre plus de compost autour de vos plantes en maturation pour stimuler leur croissance.Certaines plantes, en particulier le maïs, ont besoin d’un complément de compost après quelques semaines pour pousser correctement. Si vous avez l’impression que votre compost ne fait pas trop de différence, pensez à acheter du fumier organique dans des pépinières ou même dans de petites fermes. Du fumier bien fermenté pourrait avoir l'air dégouttant, mais il peut faire toute la différence entre un potager sain et florissant et un jardin qui lutte pour survivre.

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